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Teum-Teum en exemple

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Je ne suis pas un grand fana de télévision. Ce qui me gène avec cette lucarne c’est qu’elle nous donne à manger des images et des sons que nous ingurgitons souvent trop facilement. Au fil de son existence, la télévision et ses programmes ont évolués. Les journalistes et les réalisateurs télé, sont désormais les metteurs en scène de faits encrés dans l’actualité. Il ne s’agit plus de donner de l’information mais de la rendre attrayante, intrigante ou compréhensible en 15 secondes. Ainsi, les émissions nous montrent des personnes mal dans leur peau sur fond de musique dramatisante (il faut toujours se méfier des musiques dans les reportages pour ne pas succomber à leur pouvoir théâtralisant). Les journaux de 20h comptent les morts de guerres dont on ne nous pas expliqué un dixième des raisons et des conséquences réelles. Et les politiciens nous balancent en 1min02 des solutions à des problèmes qui nécessitent 15min pour les expliquer.

C’est d’ailleurs en partie pour ces raisons que je considère internet comme une source d’information plus pertinente. Elle a l’avantage de donner le temps de l’information et de la réflexion. Certains diront que sur le net on peut y trouver tout et n’importe quoi ; mais c’est en oubliant qu’à la télé on y trouve surtout n’importe quoi.

Le premier avantage d’internet, réside dans la possibilité de choisir ses sources, de les diversifier, de les comparer et d’aller plus loin sur un sujet en 3 clics. De plus, contrairement à la télévision, sur le web l’information n’est pas à sens unique. Il immédiatement possible pour l’internaute de donner son avis et j’espère que cette pratique se rependra pour nous sortir de nos habitudes végétatives.

L’incompétence progressive des journalistes télé se retrouve particulièrement dans certains sujets. J’ai toujours un peu peur lorsque j’entend parler de cités dans les sommaires des émissions, je me demande à quelle sauce cette fois ses habitants vont être mangés ? Va t on les montrer en train prendre leur courrier dans des cages d’escalier délabrées ? Va t on flouter leur visage et sous titrer leurs paroles sous prétexte qu’ils ont un accent africain (pourtant plus compréhensible qu’un chti sans télétexte) ?

En 2004, Farid Lozes a réalisé le film Sabah. Il y dénonçait l’incompréhension entre les quartiers et les médias et la spirale de haine qu’elle engendre. Le film avait suscité de vifs débats et son réalisateur avait osé mettre le doigt sur le problème d’incompétence des journalistes sur ces sujets face à Arlette Chabot. 6 ans plus tard, rien ne semble avoir évolué, les émissions font toujours état de zones de non droit en filmant les cités depuis leurs voitures.

Il y a cependant une émission qui me laisse espéré qu’un jour, les français pourront voir au travers de leur chère télé les quartiers de banlieue tels qu’ils sont réellement.

Il s’agit de l’émission TEUM-TEUM sur France 5, dont le principe est de passer une journée en compagnie d’une personnalité, au détour d’une balade dans une cité. Au fil des séquences on en découvre finalement plus sur la cité que sur l’invité et le présentateur y est surement pour quelque chose. En effet, Juan Massenya joue le trait d’union entre l’environnement d’accueil et la personnalité souvent ignorante. Cet animateur d’abord sur génération 88.2 ensuite sur Nova et désormais sur France 5 est un vecteur important de la culture urbaine en France. Aujourd’hui, avec cette émission, il a su trouver le ton juste pour parler de ces zones trop souvent mal abordées par les médias.

C’est d’ailleurs la première chose qui me plait dans cette émission. Pour une fois j’y retrouve les cités telles que je les connais, telles que je les vie, telles que je les aimes. Et après toutes cette démagogie sur ces quartiers cela fait vraiment du bien. Pour cela, TeumTeum mise sur des rencontres simplement humaines. Durant 50 minutes, nous partons à la découverte des personnes qui habitent dans ces cités, ainsi au lieu de mettre l’accent sur ces grandes tours que personne n’assume on se concentre sur les individus qui les animent. Désormais la cité n’est plus constituée de béton mais de visages. Cela paraît simple à dire, mais à travers cette émission, la cité est enfin montrée en plein jour. Durant les interviews, les plans larges nous laissent voir des passants aller chercher leurs enfants à l’école ou acheter leur baguette et j’espère que les téléspectateurs se rendront compte que des familles, des enfants, des vieillards y vivent relativement normalement.

Et oui c’était si simple que ça mesdames messieurs les journalistes… pour parler des cités, il ne fallait pas chercher à faire des missions commando ou à envoyer le présentateur noir du 20h, mais il suffit d’aller à la rencontre des hommes et des femmes qui y habitent,  aller plus loin que le préau sous lequel se regroupent les jeunes pour refaire le monde entre 22h et 2h.

En tout cas je souhaite beaucoup de succès à cette émission et la conseille au plus grand nombre. Les personnes qui ne connaissent pas grand chose au milieu se retrouveront dans le regard de l’invité pendant que les autres feront confiance à Juan pour présenter la cité sous sont vrai visage.

La dernière émission avec Pascal Légitimus est certainement l’une des plus réussie. On y découvre une troupe de théâtre qui travaille sur les moments oubliés de notre histoire, un camp de gens du voyage qui nous explique le rejet qu’ils subissent depuis toujours…

Vous avez vos réponses, moi j’ai des questions pour elles.

Rocé fait parti de ces artistes qui rendent infime la frontière entre le rappeur et le poète.

Un ton juste et des écris travaillés qui lui permettent de mettre à jour des vérités aussi troublantes par leur simplicité que par leur originalité. Le titre « Des questions à vos réponses » illustre bien la force de ses réflexions.

Dans une société conditionnée et reconditionnée, où la télévision s’impose comme une source d’information incontestable, où rien n’ai remis en cause : « Mais si je l’ai vu à la télé ! » ; Rocé ose dire que la question est plus vénérable que la réponse…

Les réponses sont souvent données trop rapidement et ne restent fondées que sur des on-dit. Il semble qu’aujourd’hui plus il y a de personnes qui disent la même chose, plus leur voix s’impose en réalité. Et l’effet boule de neige fait d’un préjugé une vérité certifiée.
Paradoxalement, il est clair que les individus ne sont pas tous égaux dans ce système. Une voix n’est jamais égale à une autre. Les élections ou les manifestations sont un exemple frappant de ce déséquilibre. En effet, les vérités des revendicateurs désorganisés (mais néanmoins légitimes) sont toujours plus difficiles à entendre que les réponses des représentants sur d’eux, tout de costume vêtu, ayant appris 16 fois et demi leur texte. Mais « l’assurance cache le visage de la stupidité ».

2 seules solutions semblent utiles pour contrer ce phénomène. Rocé le réclame fort : le droit à l’hésitation et la nécessité du questionnement. C’est vrai ça ! Pourquoi ne pourrait on pas tout remettre en cause ? Il y a sûrement une juste milieu entre la confiance que l’on a dans certaines informations et la remise en cause d’autres idées préconçues.

En fait, la vérité est sûrement que les questions gênent, et pas seulement les questions pertinentes… Parce que quelqu’un qui pose une question est quelqu’un qui cherche à comprendre. Mais un peuple est si facile à gouverner, un employé est si facile à diriger, un client est si facile à appâter lorsqu’il ne comprend pas…
On nous fait croire que « poser le doute est mal poli ». Mais en réalité « se questionner c’est désobéir. »

« Je veux être celui qui garde le doute quand les autres le gèlent. Vous avez vos réponses, moi j’ai des questions pour elles. »

Campagne choc de LEGO

Je ne sais pas si cette campagne pub de LEGO est une réponse directe à celle de Cartoon Network, dont j’avais parlé ici. Mais en la découvrant aujourd’hui je repense à certains de mes cours de marketing et à ce professeur qui nous incitait à avoir une vision large de notre marché.

Lors de ses derniers cours il aurait pu nous demander : « Quels sont les concurrents de LEGO ?» Et nous aurions sûrement répondu : Playmobil, Mécano ou d’autres marques de jouets pour enfants. Mais d’une façon plus large, on peut dire sans se tromper que Cartoon Network est un concurrent important de LEGO puisque tout deux répondent au même besoin d’amuser les enfants.

Finalement, il n’est pas si étonnant que ces deux marques s’opposent si clairement dans leurs discours publicitaires. Aujourd’hui chacun essaie de rallier les parents à leur cause avec des arguments opposés. Lorsque le fabriquant de jouets utilise la violence de la télé, la chaine télévisée se sert de l’innocence des jouets.


Télévision quand tu nous tiens.

Coup de pub ou tentative de coup de pub pour Cartoon Network qui présente cette semaine son dernier spot.

A mon sens, une réalisation réussie au service d’un discours « non louable »…

Toy Soldier from Animatorio on Vimeo.

Ce soldat à l’air tellement brave à avancer à la seule force de ses bras, il utilise ses dernière force pour accomplir l’action ultime qui sauvera son pays. Il approche de son but, plus qu’un petit effort… ça y est, dans un dernier élan de bravoure, il appuie sur la gâchette qui le délivrera. Et là ! La télé s’allume. Cette magnifique télévision qui sauve les pauvres jouets qui se font martyriser par les enfants.

Encore une fois, la télévision s’impose et prend l’habitude de nous donner des vérités préconçus auxquelles nous devons croire sans réserve. Si bien qu’aujourd’hui, cette vérité absurde la concerne directement. Comment peut on vanter les mérite de la télévision en avançant le fait qu’elle empêche les enfants de s’amuser avec leur jouet. Est il préférable qu’un enfant passe du temps à imaginer de grande histoire avec des objets ou qu’il regarde d’un air végétatif des images animées par d’autres ?

Imaginons ce même spot avec une fin quelque peut revisité : le soldat appuie sur le bouton et éteint la télévision… tous change. Le soldat a alors vraiment sauvé quelqu’un, il a empêché l’enfant de s’émerveiller devant la télé et lui lance une grand appel au secours pour qu’il s’occupe plutôt de ses jouets.

De plus, l’idée que l’enfant est destructeur lorsqu’il joue est renforcée par l’utilisation du jeu de guerre et du soldat. Certes certains diront qu’ils transmettent une certaine violence aux enfant, mais que peut on dire des images choquantes montrer dans la lucarne à des heures de grande écoute. Comme le dit très bien un certain Akhénaton : « en parler tous les soir tous les soir au journal, ça devient banal, ça s’imprime dans la rétine comme situation normale. Et si petit frère veut faire parler de lui, il réitère ce qu’il a vu avant huit heure et demi. » Pour pousser le vice plus loin et rester dans le contexte du spot de Cartoon Network, c’est peut être même la télé qui incite l’enfant à reproduire des scènes de violence sur ses jouets.

Ce billet n’est pas la réaction impulsive d’une personne totalement réfractaire à la télévision, mais il fait état d’une situation où la télévision est parfois prise comme un média suprême. La vidéo suivante, sortie presque en même temps que la première, illustre bien cette idée.

Television is a drug. from Beth Fulton on Vimeo.