Les lessons de Steve

Je tourne aujourd’hui la dernière page de la biographie de Steve Jobs. Un livre que j’ai dévoré tant le personnage est fascinant ; sa personnalité, son parcours, son histoire sont en tous points stupéfiants. Il est très agréable de découvrir au fil des chapitres, la vie d’un de nos plus grands contemporains, qui restera un mythe pour les mondes de la technologie, du cinéma, de la musique, de la téléphonie, de l’édition et surtout du marketing.

Je retiens de cette biographie la chose suivante :
Les projets de la vie amènent à des situations contrastées qui peuvent aller d’un extrême à l’autre… mais il n’est pas obligatoire de trouver un juste milieu.

En refermant ce livre – dont beaucoup de pages sont cornées en guise de référence – il me parait important :

  • d’être passionné par ce que l’on fait… mais savoir prendre du recul pour élargir son horizon.
  • défendre fermement ses convictions… mais oser s’apercevoir qu’on a eu tord et tout reprendre à zéro.
  • s’impliquer à fond dans ses projets… mais exiger encore plus des autres.
  • avoir beaucoup d’idées… mais se focaliser sur une poignée d’entre elles.

Tâchons de faire bon usage de ces enseignements.

Free met les choses au clair

C’est hier que Free présentait ses offres de télephonie mobile avec la vocation de bouleverser le marché français… promesse tenue (si si on peut déjà s’avancer).

Tout d’abord, le PDG, Xavier Niel semble avoir largement tenue sa promesse de diviser les prix par deux grâce à son forfait sans engagement à 19,99€/15,99€ (pour les abonnés freebox). Mais c’est aussi très certainement la seconde offre qui risque de faire très mal aux entreprises déjà en place. En effet, en proposant un forfait 60min+60sms à 2€/gratuit (pour les abonnés freebox) ce nouvel entrant ne laisse quasiment aucun marge de manoeuvre pour ses concurrents de se positionner à un prix plus attractif, pour ce type de service qui doit intéresser un nombre de français non négligeable.

Mais ce qui me marque le plus dans l’arrivée de ce nouvel acteur et dans les réactions que cela suscite, c’est sans doute la clarté que cela ramène sur ce marché. En séparant l’achat du téléphone portable et des communications, Free adopte une position naturelle que les autres opérateurs ne s’étaient pas donné la peine de prendre. En effet, il se contente de se concentrer sur son coeur de métier ; en partant du fait que Free est avant tout un opérateur de télécommunications, il vend uniquement des communications… La vente du téléphone est un autre métier sur lequel il ne fait que se pencher brièvement.

En proposant des smartphones dernière génération à des prix psychologiques de 1 ou 30€, Bouygues, Orange ou SFR se positionnent avant tout comme des vendeurs de téléphones. Ils font oublier à leurs clients que ses appareils sont de la haute technologie qu’il vont payer cher sur un ou deux ans. Au final, sans s’en rendre compte, le client paye d’avantage son opérateur pour rembourser son mobile que pour payer ses communications. Même si cette situation peut convenir à certaines personnes et permettre à la plupart de changer régulièrement de téléphone (la France à l’un des taux de renouvellement des portables les plus élevé d’Europe : tout les 1,5 an en moyenne), cette offre opaque n’est pas du tout saine pour le consommateur.

Je prend souvent l’exemple de la voiture pour illustrer cette situation. L’achat d’une voiture est un très lourd investissement. Très peu de consommateurs peuvent se permettre d’en acheter une neuve sans crédit. Mais pour utiliser une voiture, nous avons besoin d’un consommable : l’essence. Et si l’entreprise Total ou BP vous proposait d’acheter une voiture neuve à 100€ au lieu de 10 000€ ? En contrepartie de quoi vous seriez tenu de réaliser, pendant 10 ans, tous vos pleins chez eux à un prix 2 à 5 fois plus cher que la normale. Cette situation pourrais vous paraître aberrante et vous verriez tout se suite l’arnaque pointer le bout de son nez… pourtant c’est la situation dans laquelle sont aujourd’hui toutes les personnes qui se sont engagées sur 1 ou 2 ans avec leur opérateur téléphonique… malheureusement il a fallut attendre qu’un nouvel acteur débarque sur le marché pour que cette vérité apparaisse au yeux des moins initiés.

Carrefour, une planète aux airs de Suède.

On le sais, le concept des magasins IKEA est un modèle très inspirant pour bon nombre d’enseignes de distribution françaises. Alors que beaucoup d’entre elles imitent son organisation maîtrisée de la circulation des clients (Fly, la Fnac, Surcouf…), d’autres facteurs clés du concept suédois sont aujourd’hui repris. Parlons par exemple des nouveautés de « Carrefour planet »…

J’avoue que ces derniers temps, je vais d’avantage à Carrefour pour observer le nouveau concept « planet », que pour acheter des produits. Je doit dire que je suis plutôt agréablement surpris par tous ces changements. J’ai parfois du mal à reconnaître le magasin d’Athis-Mons dans lequel j’ai travaillé durant 3 ans. La promesse du « 100% nouveau » semble tenue, en tout cas cet argument publicitaire ne pouvait que me faire venir et revenir pour décoder ces nouveaux principes d’implantation.

Ce qui est sur, c’est que Carrefour ose avec ce concept ! Il bouscule un bon nombre de « règles pré-établies » du merchandising.

  • Et si les gondoles mesuraient 1m au lieu d’1m33 ?
  • Et si du mobilier était parfois blanc, parfois noir et une autre fois marron chocolat ?
  • Et si les espaces de vente étaient ouverts à d’autres enseignes comme « la maison de la literie » ou « l’Oreal » ?

C’est grâce à ces remises en questions assumées que Carrefour parviens à créer de véritables « univers » à l’intérieur de ses magasins et à justifier l’utilité de ces très grands espaces de vente en en faisant une planète.

 

Dernièrement, l’élément qui m’a marqué au détour d’un rayon a été la place privilégiée offerte à la marque « Carrefour discount ».

Alors que partout ailleurs, les produits premiers prix sont planqués honteusement au bas des rayons pour ne leur donner qu’une fonction de réponse pur et sommaire aux besoins ; Carrefour à choisi de les mettre en avant en réalisant une descente complète sur un élément à l’entrée de chaque rayon.

Ainsi, les produits premier prix développent de nouvelles utilités :

  • Ils renforcent la segmentation de l’offre et oriente le client, en donnant une indication forte sur le rayon dans lequel il entre.
  • Ils affichent un prix d’appel faible, qui place le client dans une logique d’achat à l’entrée de chaque rayon.

Il faut aussi noter que ce choix stratégique de faire du produit un élément de balisage dans le point de vente est soutenu par un packaging totalement adapté. En effet, la marque « Carrefour discount » possède un facing qui met en avant uniquement 2 éléments clés : le libellé et le visuel produit, comme si le pack était un panneau de signalisation. Un objectif clair et annoncé dès le dossier de presse lors du lancement en mai 2009 :  « un packaging moderne et simplifié, facilement repérable en rayon ».

 

Ce choix stratégique ne m’est pas totalement inconnu. Je l’avais remarqué chez IKEA lorsque je réalisais mon stage de licence, il y a maintenant 3 ans. En effet, l’enseigne Suédoise exerce cette pratique depuis longtemps et va même un peu plus loin.

Au début de chaque univers (salon, cuisine, chambre…) vous trouverez toujours un produit très basique surmonter d’une grande pancarte rouge l’annonçant comme le 1er prix du « rayon ». Ainsi, l’enseigne insiste sur sa politique de prix très bas tout en indiquant dans quel univers on entre avec un produit qui rempli la fonction la plus basique demandée au meuble. (C’est exactement ce mécanisme que reprendre Carrefour.)

Mais regardez de plus près cette disposition judicieuse des produits… que voyez vous juste derrière cette grande pancarte rouge ?

Tiens, une seconde affiche verticale… celle-ci est blanche !…


Cette pancarte blanche met en avant un produit dit « entrée de gamme » : pour un prix plus élevé que le 1er prix, vous obtenez un produit plus sophistiqué tout en restant dans la fourchette basse du marché… Ca y est vous avez mis le pied sur les premières marches de l’escalier pour découvrir ce que l’on nomme la « montée en gamme ». Au fur et à mesure de votre circulation dans le magasin, l’implantation des produits et des affiches vous conduit à :

  • être séduit par un prix (pancarte rouge),
  • vous rendre compte qu’il existe une meilleure qualité tout en restant sur un prix raisonnable (pancarte blanche),
  • et vous laisser combler par le choix des produits milieux et haut de gamme (toutes les autres références).

 

C’est donc l’une des stratégies d’implantation importantes d’IKEA qui est aujourd’hui reprise par Carrefour. Et l’enseigne à surement raison de s’inspirer des magasins Suédois, dont la principale force est certainement de vendre tant de produits en faisant intervenir si peu de vendeurs.

Qui veut goûter ? C’est du « marketing participatif ».

Je recevais hier ma boite trnd.fr pour faire un peu de marketing participatif autours des smoothies Innocent ! (Et surtout tester ce concept novateur de markting.)

trnd.fr arrive dans le domaine du markting avec un concept plutôt interessant, cet organisme propose :
– aux marques de faire tester leurs produits innovants par des particuliers interessés et bavards
– aux interessés et bavards de testers des produits innovants

Un échange de bon procédés qui permet aux participants d’accéder à une expérience amusante et interessante et aux marques d’obtenir des retours originaux sur leurs produits tout en bénéficiant d’un nouveau canal de communication : le bouche à oreille.

 

Le site se pose donc en intermédiaire entre les internautes et les marques. Deux entités différentes qu’il convient de convaincre pour développer de nouveaux projets. Ce double discours nécessaire est d’ailleurs interessant à observer : comment le site adapte son discours et présente son concept pour convaincre ces deux acteurs (l’internaute et la marque) de participer ? Sachant tout de même que le second paye pour une prestation.
Première réponse : 1 site différent pour chacun : trnd.fr et company.trnd.com pour donner un maximum d’information adaptées.

Pour l’un il se définit comme quelque chose de simple et sympa « Yo ! trnd, c’est du marketing participatif ! »

Pour l’autre c’est bien plus que ça : « Avec trnd, vous pouvez pour la première fois planifier et mesurer les conversations de consommateur à consommateur et intégrer le WOM dans votre stratégie marketing.
Simple, rapide, crédible, efficace. » Il y a de la promesse la dedans.

 

C’est donc au travers de la campagne smoothies innocent que je vais pouvoir voir de plus prêt comment tout cela se passe. Première étape : la réception de la boite.

Que contient elle ?
Une lettre cordiale ou le tutoiement est de rigueur, qui détail justement le contenu de la boite :

Pour le participant :
4 bons d’achat de 2,99€, valables pour des smoothies innocent de 750 ml
1 guide projet (d’une vingtaines de pages très bien rédigées qui présente le produit et avances quelques arguments marketing)
Pour ses amis, famille, collègues et connaissances :
4 bons d’achat de 2,99€ valables pour des smoothies innocent 750 ml à partager
25 cartes postales (qui vont rester dans la boite je pense, pour manque d’intérêt)
25 gobelets innocent pour faire goûter les smoothies (dommages qu’ils soient en carton)
1 manuel d’enquêtes marketing (à faire remplir aux connaissances, mais qui me semble plus axés sur la performance de la campagne de marketing participatif)

Ma première impression à l’ouverture de cette boite est qu’il doit y avoir un sacré investissement de temps et d’argent pour organiser cette campagne, les supports sont bien rédigés, bien mis en pages et imprimer sur un bon papier épais.

Bon, il ne me reste plus qu’à aller acheter des smoothies avec les bons de réduction et à les faire goûter…

La naissance d’un prince, la mort d’un roi.


Il y a 1 semaine et 2 jours, Dj Mehdi nous quittait subitement dans un accident.

Aux 6 coins de l’hexagone et ailleurs dans le monde, les hommages pour ce grand artistes se font entendre. Chacun témoigne de son attachement à ses oeuvres et à sa personne, par une phrase, une video ou des milliers de tweet. Mais toutes ces manifestations d’amour ne suffisent pas à combler le vide que nous laisse sa disparition. C’est un sentiment étrange ; je ne connaissais pas personnellement l’homme mais l’artiste fait partie intégrante de ce que je suis aujourd’hui. Le rap a ce pouvoir de toucher les esprits lorsque les textes sont cinglant ; dj Mehdi avec ses instrumentales soignées visait droit au coeur.

Sa collaboration avec Kery James au sein du groupe Ideal J à d’ailleurs marquée toute une génération. Pour moi, la particularité de ce groupe tient justement dans cette savante combinaison entre le rap engagé de Kery et la minutie du travail de Mehdi. Un contraste qui permet aux idées développées de prendre toute leur ampleur, exactement comme dans le morceau « Le ghetto français » qui expliquait en 1996 les raisons des problèmes en banlieue (raisons que les politiciens n’ont toujours pas saisis en 2011). C’est la profondeur de ces oeuvres qui me marquera pour toujours…

Mais au dela d’apporter des mélodies fortes, Mehdi a su nous proposer son son, ses mélodies précises mais dynamiques dont lui seul connaissait le secret ; ce qui en fait un artiste complet et accompli avec ses influences, ses envies et ses convictions. C’est aussi ce qui nous fera toujours dire à l’écoute de ses titres « ça, c’est du dj Mehdi… ».

Il est certains que sa famille et ses amis perdent un être cher, une grosse pensée vas pour eux.

 

Dj Mehdi c’est donc Ideal J avec d’autres morceaux mythiques comme « Hardcore« , « Le combat continue » ou « Un nuage de fumée« , mais c’est aussi la découverte de Rocé et la production du très bon album « Top départ », le succès reconnu des « princes de la ville » du 113, l’album de Karlito, sans oublier les collaborations avec Akhénaton, Fabe, Diam’s ou Booba. Et tout cela n’est que pour la partie rap car ensuite sa carrière solo dans l’électro en ferrai rougir plus d’un.

Un mix fait le soir de sa disparition, sans grande conviction mais avec un profond respect.
Merci Mehdi pour tout ce que tu nous as donné et laissé.

Le soir d’une disparition by François Di Dio

 

mix :
Dj Mehdi – my times my days + Kery james – la vie c’est
Rocé – On s’habitue
Fabe – Un nuage sans fin
Ideal J – le combat continu
Rocé – top départ
Rocé – pour l’horizon
Ideal J – Cash remix instru + Nas – Get down
Dj Mehdi – unhappy again
Dj Mehdi – Have fun
113 clan – Ca vien de chez nous
ideal J – Hardcore
Kery James – Combien

 

Rupture ou continuité

Il est certain, indéniable, inévitable (et tous les autres adjectifs similaires) qu’internet modifie considérablement les comportements des consommateurs du XXIème siècle.

Avec internet, nous sommes avant tout devenus des consommateurs impatients. Et cela tien autant dans le fait que l’information ou la possibilité d’acheter un produit ou un service soit immédiatement disponible, que dans le fait qu’internet distribue de l’information nouvelle en continu.

En effet, il est assez interessant d’observer comment nous devenons adepte aux systèmes qui permettent d’être informé le plus immédiatement possible. Du journal aux flux RSS ; de la lettre amenée par le facteur aux mails, jusqu’aux notifications facebook, les délais entre la production d’une donnée et sa réception ne cesse de s’amenuiser et j’ai bien l’impression que nous en devenons accro.

Il est alors interessant de se demander quel impact sur le marketing des produits et des services cette modification de comportement peut elle avoir ? Ne sommes nous pas désormais plus motivé par le fait d’obtenir ce qu’on veut dès que c’est techniquement possible plutôt qu’être tenu en haleine jusqu’au jour fixé pour sa sortie ?

Prenons l’exemple des séries télévisés. J’ai l’impression qu’il est plus commun de croiser des personnes impatientes de voir le nouvel épisode d’une série à succès, plutôt que des gens qui trépignent en attendant la sortie d’un nouveau film qui devrait avoir du succès. Techniquement, une série ce n’est qu’un film découpé en plusieurs épisodes, pourtant elle semble faire plus de « fans »… Le concept de délivrer son produit ou service en plusieurs fois plutôt qu’une seule ne pourrait il pas être une clé de succès à appliquer à d’autres domaines ?

Un album de musique a-t-il encore du sens, par exemple ?
Dans un album, chaque morceau doit avoir le temps d’être écouté pour être apprécié. Pourtant avec le concept d’album qui sort à un instant t, une douzaine de morceaux nous sont balancés d’un seul coup et je suis sur que c’est l’origine de plusieurs de mes déceptions musicales. Je me demande donc si les artistes ne feraient pas mieux de nous proposer leurs oeuvres sans attendre d’en avoir 12 pour nous faire une « compile ».
La semaine dernière, l’un des artistes que je suis sur facebook (ENZ), a mis en place un système assez interessant. Il met en ligne une nouvelle chanson à chaque fois que la précédente a cumulée plus de 500 écoutes. Au final, tous les morceaux sont écoutés, ré-écoutés et partagés à volonté. Je ne suis pas sur qu’ils auraient tous eu le même sort si ils étaient sortis en même temps sur un album.
De plus, lorsque nous achetons un album, nous avons tous le « mauvais » réflexe de nous demander quelle sera la meilleure musique du CD (et si elles étaient toutes bien…). Mais en proposant les morceaux un par un, la question est plutôt : « la prochaine me plaira t elle autant que la précédente ? » (Ce qui génère un intérêt constant pour les oeuvres de l’artiste.)

Ce constat autour du désire accrue d’immédiateté semble être un élément interessant à appliquer à beaucoup d’autres marchés.

Les constantes évolutions des comportements, nous encouragent à sans cesse remettre en cause les formes des produits et services qui nous entourent ; la partie de ne fait que commencer…

Djay sur iPad, la marmite auditive

L’application Djay sur iPad, c’est comme une grande casserole permettant aux amateurs de faire leur propre cuisine musicale.

Alors je m’amuse à mélanger les aliments auditifs de mon garde mangé, pour faire ma petite tambouille, et même quand c’est raté c’est bon. Parce que le plaisir c’est avant tout de cuisiner avec des bons produits.

Et voici mon premier enregistrement, en freestyle comme on dit pour excuser les défauts.

Le sens des choses

Je partage ici une réflexion que je me fais lorsque je croise certaines communications commerciales dans la rue, à la télé, sur internet ou ailleurs.

Pour être efficace, quelque soit le support (affiche, spot télé, radio), chaque communication commerciale doit délivrer un message simple et compréhensible par la cible. Après de nombreuses années de pratiques,  les publicitaires parviennent aujourd’hui à proposer des campagnes qui atteignent très efficacement les objectifs de notoriété, de reconnaissance ou d’attribution d’un message à une marque ou à un produit… qui leurs sont réclamés par les annonceurs.

Mais au delà d’atteindre un objectif de communication, il m’apparaît important qu’une bonne campagne de pub doit être maîtrisée à 100%. Je veux dire par là que la totalité du message qu’elle délivre (premier ou second degrés / première ou seconde lecture) soit maîtrisée et surtout ai du sens. Pour faire un bon message publicitaire, il ne suffit pas d’avoir la bonne grosse idée à mais aussi avoir le souci du détail. Or, j’observe souvent des campagnes pour lesquels j’apprécie l’efficacité ou l’originalité, mais qui comporte, pour moi, la faute de goût qui détruit une partie du travail réalisé. En voici trois illustrations récentes.

En revenant du travail, je passe tous les jours devant un tout nouveau restaurant installé sur la nationale 7 : la boucherie. Je ne connaissais pas cette enseigne et le concept de ses restaurants mais il semble s’agir de franchises proposant des plats dont la pièce maîtresse est la viande. Le premier contacte que j’ai eu avec cette nouvelle enseigne a donc été de voir ce restaurant flambant neuf arborant un grand logo en forme de tête de vache. Et c’est ici, que la touche de mauvais goût m’apparaît. Utiliser une tête de vache pour signifier qu’ici on prépare de la viande, cela semble être on ne peut plus direct (donc très efficace). Mais fallait il en plus, signifier que cette viande était succulente en lui faisant tirer la langue ? Encore une fois le message est direct et imagé : « c’est bon » = « on s’en lèche les babines ». Mais lorsque c’est une vache qui nous vente le bon goût de la vache, cela me parait gênant… Certains diront peut être qu’affirmer cela c’est avoir l’esprit mal placé. Certes, mais les images ont un sens, et s’il n’est pas perçu tel quel à la première lecture qu’en est il dans l’inconscient des gens ?

Voici, un second exemple : l’agence Toy a récemment réalisé une très jolie campagne pour le fameux stylo 4 couleurs Bic. Elle met en scène cet objet sous différentes positions afin d’illustrer des enseignements phares de la scolarité française. Les visuels sont plus ingénieux les uns que les autres. Mais l’un d’entre eux me dérange… La campagne nous renvoi à des souvenirs de bancs d’école : Physique : La conquête de l’espace – Éducation civique : Liberté, Égalité, Fraternité – SVT : la dissection. Pourtant lorsqu’il s’agit de parler d’économie, c’est à la crise de 1929 que l’on fait référence… si l’économie est faite de cycle, ne serait il pas mieux d’ajouter une note de positivisme à la campagne en parlant plutôt de la croissance des 30 glorieuses ? Pourquoi ne pas associer cette belle idée à des références joviales ? Certes, le message principal resterai le même, mais les images ont un sens, et s’il n’est pas perçu tel quel à la première lecture qu’en est il dans l’inconscient des gens ?

 

Enfin, je pense à l’une des publicités vidéo qui tournent en ce moment pour le nouveau smartphone / console de jeu de Sony Ericsson : Xperia Play. La campagne de communication pour ce produit tourne autour d’une idée simple : en combinant téléphone et console de jeu l’Xperia Play vous permet d’intégrer vos jeux vidéo préférés dans votre quotidien. Pour cela, plusieurs vidéos mettent en scène des personnes dans des activités on ne peu plus banales (marcher, manger, conduire, travailler…), qui dégainent soudainement leur téléphone pour faire une petite partie de jeux vidéo. La transition entre les deux mondes est si rapide que les éléments du jeu se retrouvent soudainement dans la réalité. C’est drôle et pertinent par rapport au concept du produit, mais l’histoire nous a montré que confondre jeux et réalité pouvait mener à des situations dramatiques. Si la transposition du jeu Sims dans la vie réelle ne pose pas nécessairement de problème, ce n’est pas toujours le cas lorsqu’il s’agit des jeux de guerre. Malheureusement les exemples réels ne manque plus, et c’est à cela que me fait penser la pub de Sony Ericsson, plutôt qu’au fait de s’amuser avec son portable. Certes, dire cela c’est voir le mauvais côté des choses, mais les images ont un sens, et s’il n’est pas perçu tel quel à la première lecture qu’en est il dans l’inconscient des gens ?


Game’On par game_heroes_syndicate

 

Paris Feat. The XX

« J’ai mis mon casque et mon blouson
Sorti ma vieille goose grise appropriée pour la saison
En peau de bison, Ipod dans l’intérieur poche
Du baladeur fait passer le fil par la manche
Au bord de la Manche où tous les jours sont dimanche
Piétine les flaques d’eau comme pour prendre ma revanche
Ma revanche sur les trottoirs, trop tard
Petit Apple commence la lecture aléatoire… »

Je me suis trop souvent reconnu dans ce début de chanson de Médine : lecture aléatoire. Il suffit parfois d’un casque sur les oreilles et d’une balade dans les rues de Paris pour s’imager réalisateur de clip. C’est fou comme les décors de cette ville prennent facilement une dimension artistique lorsqu’ils sont accompagnés par une belle mélodie.

En voici un parfait exemple grâce à cette vidéo de Paris by night en video time-laps sur l’intro du magnifique album de The XX : 2.0

Le mode plein écran est conseillé…