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Quoi de mieux que des mots ?

Dans les couloirs du métro, sur le bord de la route, partout, nous sommes submergé de publicités. Les annonceurs se livrent une véritable bataille ouverte pour conquérir notre attention. C’est à celui qui sera le plus original, le plus séduisant, le plus impactant. Et il faut l’admettre, cette quête mène souvent parfois à des annonces surchargées, aberrantes voire incompréhensibles.

Cependant, ces derniers temps, j’observe que les publicités jouent la carte de la sobriété pour faire passer leur message d’une façon plus claire. Je trouve cela fichtrement efficace !

publicité mots

Quoi de mieux que des mots simples pour faire passer un message, une idée ? (Surtout lorsqu’il doit être saisi en 1/4 de seconde par le badaud dans les couloirs du métro ou au volant de sa voiture.)

 

Plus de sons et moins d’image pour une meilleure perception de la qualité

Avec le temps qui se gâte et les bons films qui sortent en ce moment, les raisons pour aller au cinéma deviennent nombreuses. C’est également l’occasion de voir la publicité pour la nouvelle Audi RS6 Avant réalisée en collaboration avec l’agence Fred & Farid Paris.
Bien que je ne porte pas d’intérêt particulier pour les voitures, j’avoue qu’elle m’a presque autant marqué que le film.

audi RS6

Le principe : lors de la série de publicités précédant le film, les lumières de la salle s’éteignent (habituellement, elles restent allumées lors de la réclame) et le projecteur cesse de diffuser des images, plongeant ainsi la salle dans le noir complet. C’est à ce moment qu’une voix annonce que nous allons vivre une expérience auditive inédite en 5.1… nous sommes tout ouïe.

La suite est une succession de bruitages holophoniques qui donnent l’impression d’être dans un centre de test automobile. Le bruit des portières lorsqu’elles se ferment, le cuir des sièges lorsque le conducteur s’assoie, le ronronnement du moteur lorsqu’il tourne la clé… tout laisse penser que nous sommes en présence d’une voiture d’exception. Confortablement installé dans notre siège de cinéma, nous nous laissons transporté par ces sons, en s’imaginant être au volant d’un joli bolide. Ce n’est qu’au bout de plusieurs secondes que l’écran s’éclaire enfin et laisse apparaître une superbe Audi RS6. Juste de le temps de l’admirer un instant et l’image disparaît pour repartir sur une petite série de bruitages sur lesquels nous pouvons désormais fixer une image. C’est sur une invitation à continuer l’expérience sur internet que se clos cette annonce, en nous laissant l’impression de qualité que tant de publicités automobiles tentent de transmettre. (La version sur internet est un peu plus longue, avec des sons de la voiture sur un circuit automobile.)

Encore une fois, l’originalité et la performance de cette publicité sont le fruit de la remise en question de certaines habitudes.

1. Et si la qualité sonore des salles de cinéma était d’avantage exploitée que l’écran…

2. Et s’il fallait moins montrer le produit pour en garder une meilleur image…

Kinder & Bueno sont dans un pot…

Cela fait très longtemps que je rêve d’un pot Ferrero qui renfermerai le délicieux coeur des Kinder Bueno… (à déguster sur une tartine ou à pleine cuillère).

À défaut de le trouver en rayons, j’ai décidé d’au moins le représenter virtuellement.

On se régale avec les yeux en attendant que Ferrero me nous fasse le plaisir de le produire réellement.

bueno en pot

bueno en pot

 

Carrefour, une planète aux airs de Suède.

On le sais, le concept des magasins IKEA est un modèle très inspirant pour bon nombre d’enseignes de distribution françaises. Alors que beaucoup d’entre elles imitent son organisation maîtrisée de la circulation des clients (Fly, la Fnac, Surcouf…), d’autres facteurs clés du concept suédois sont aujourd’hui repris. Parlons par exemple des nouveautés de « Carrefour planet »…

J’avoue que ces derniers temps, je vais d’avantage à Carrefour pour observer le nouveau concept « planet », que pour acheter des produits. Je doit dire que je suis plutôt agréablement surpris par tous ces changements. J’ai parfois du mal à reconnaître le magasin d’Athis-Mons dans lequel j’ai travaillé durant 3 ans. La promesse du « 100% nouveau » semble tenue, en tout cas cet argument publicitaire ne pouvait que me faire venir et revenir pour décoder ces nouveaux principes d’implantation.

Ce qui est sur, c’est que Carrefour ose avec ce concept ! Il bouscule un bon nombre de « règles pré-établies » du merchandising.

  • Et si les gondoles mesuraient 1m au lieu d’1m33 ?
  • Et si du mobilier était parfois blanc, parfois noir et une autre fois marron chocolat ?
  • Et si les espaces de vente étaient ouverts à d’autres enseignes comme « la maison de la literie » ou « l’Oreal » ?

C’est grâce à ces remises en questions assumées que Carrefour parviens à créer de véritables « univers » à l’intérieur de ses magasins et à justifier l’utilité de ces très grands espaces de vente en en faisant une planète.

 

Dernièrement, l’élément qui m’a marqué au détour d’un rayon a été la place privilégiée offerte à la marque « Carrefour discount ».

Alors que partout ailleurs, les produits premiers prix sont planqués honteusement au bas des rayons pour ne leur donner qu’une fonction de réponse pur et sommaire aux besoins ; Carrefour à choisi de les mettre en avant en réalisant une descente complète sur un élément à l’entrée de chaque rayon.

Ainsi, les produits premier prix développent de nouvelles utilités :

  • Ils renforcent la segmentation de l’offre et oriente le client, en donnant une indication forte sur le rayon dans lequel il entre.
  • Ils affichent un prix d’appel faible, qui place le client dans une logique d’achat à l’entrée de chaque rayon.

Il faut aussi noter que ce choix stratégique de faire du produit un élément de balisage dans le point de vente est soutenu par un packaging totalement adapté. En effet, la marque « Carrefour discount » possède un facing qui met en avant uniquement 2 éléments clés : le libellé et le visuel produit, comme si le pack était un panneau de signalisation. Un objectif clair et annoncé dès le dossier de presse lors du lancement en mai 2009 :  « un packaging moderne et simplifié, facilement repérable en rayon ».

 

Ce choix stratégique ne m’est pas totalement inconnu. Je l’avais remarqué chez IKEA lorsque je réalisais mon stage de licence, il y a maintenant 3 ans. En effet, l’enseigne Suédoise exerce cette pratique depuis longtemps et va même un peu plus loin.

Au début de chaque univers (salon, cuisine, chambre…) vous trouverez toujours un produit très basique surmonter d’une grande pancarte rouge l’annonçant comme le 1er prix du « rayon ». Ainsi, l’enseigne insiste sur sa politique de prix très bas tout en indiquant dans quel univers on entre avec un produit qui rempli la fonction la plus basique demandée au meuble. (C’est exactement ce mécanisme que reprendre Carrefour.)

Mais regardez de plus près cette disposition judicieuse des produits… que voyez vous juste derrière cette grande pancarte rouge ?

Tiens, une seconde affiche verticale… celle-ci est blanche !…


Cette pancarte blanche met en avant un produit dit « entrée de gamme » : pour un prix plus élevé que le 1er prix, vous obtenez un produit plus sophistiqué tout en restant dans la fourchette basse du marché… Ca y est vous avez mis le pied sur les premières marches de l’escalier pour découvrir ce que l’on nomme la « montée en gamme ». Au fur et à mesure de votre circulation dans le magasin, l’implantation des produits et des affiches vous conduit à :

  • être séduit par un prix (pancarte rouge),
  • vous rendre compte qu’il existe une meilleure qualité tout en restant sur un prix raisonnable (pancarte blanche),
  • et vous laisser combler par le choix des produits milieux et haut de gamme (toutes les autres références).

 

C’est donc l’une des stratégies d’implantation importantes d’IKEA qui est aujourd’hui reprise par Carrefour. Et l’enseigne à surement raison de s’inspirer des magasins Suédois, dont la principale force est certainement de vendre tant de produits en faisant intervenir si peu de vendeurs.

La naissance d’un prince, la mort d’un roi.


Il y a 1 semaine et 2 jours, Dj Mehdi nous quittait subitement dans un accident.

Aux 6 coins de l’hexagone et ailleurs dans le monde, les hommages pour ce grand artistes se font entendre. Chacun témoigne de son attachement à ses oeuvres et à sa personne, par une phrase, une video ou des milliers de tweet. Mais toutes ces manifestations d’amour ne suffisent pas à combler le vide que nous laisse sa disparition. C’est un sentiment étrange ; je ne connaissais pas personnellement l’homme mais l’artiste fait partie intégrante de ce que je suis aujourd’hui. Le rap a ce pouvoir de toucher les esprits lorsque les textes sont cinglant ; dj Mehdi avec ses instrumentales soignées visait droit au coeur.

Sa collaboration avec Kery James au sein du groupe Ideal J à d’ailleurs marquée toute une génération. Pour moi, la particularité de ce groupe tient justement dans cette savante combinaison entre le rap engagé de Kery et la minutie du travail de Mehdi. Un contraste qui permet aux idées développées de prendre toute leur ampleur, exactement comme dans le morceau « Le ghetto français » qui expliquait en 1996 les raisons des problèmes en banlieue (raisons que les politiciens n’ont toujours pas saisis en 2011). C’est la profondeur de ces oeuvres qui me marquera pour toujours…

Mais au dela d’apporter des mélodies fortes, Mehdi a su nous proposer son son, ses mélodies précises mais dynamiques dont lui seul connaissait le secret ; ce qui en fait un artiste complet et accompli avec ses influences, ses envies et ses convictions. C’est aussi ce qui nous fera toujours dire à l’écoute de ses titres « ça, c’est du dj Mehdi… ».

Il est certains que sa famille et ses amis perdent un être cher, une grosse pensée vas pour eux.

 

Dj Mehdi c’est donc Ideal J avec d’autres morceaux mythiques comme « Hardcore« , « Le combat continue » ou « Un nuage de fumée« , mais c’est aussi la découverte de Rocé et la production du très bon album « Top départ », le succès reconnu des « princes de la ville » du 113, l’album de Karlito, sans oublier les collaborations avec Akhénaton, Fabe, Diam’s ou Booba. Et tout cela n’est que pour la partie rap car ensuite sa carrière solo dans l’électro en ferrai rougir plus d’un.

Un mix fait le soir de sa disparition, sans grande conviction mais avec un profond respect.
Merci Mehdi pour tout ce que tu nous as donné et laissé.

Le soir d’une disparition by François Di Dio

 

mix :
Dj Mehdi – my times my days + Kery james – la vie c’est
Rocé – On s’habitue
Fabe – Un nuage sans fin
Ideal J – le combat continu
Rocé – top départ
Rocé – pour l’horizon
Ideal J – Cash remix instru + Nas – Get down
Dj Mehdi – unhappy again
Dj Mehdi – Have fun
113 clan – Ca vien de chez nous
ideal J – Hardcore
Kery James – Combien

 

Djay sur iPad, la marmite auditive

L’application Djay sur iPad, c’est comme une grande casserole permettant aux amateurs de faire leur propre cuisine musicale.

Alors je m’amuse à mélanger les aliments auditifs de mon garde mangé, pour faire ma petite tambouille, et même quand c’est raté c’est bon. Parce que le plaisir c’est avant tout de cuisiner avec des bons produits.

Et voici mon premier enregistrement, en freestyle comme on dit pour excuser les défauts.

Teum-Teum en exemple

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Je ne suis pas un grand fana de télévision. Ce qui me gène avec cette lucarne c’est qu’elle nous donne à manger des images et des sons que nous ingurgitons souvent trop facilement. Au fil de son existence, la télévision et ses programmes ont évolués. Les journalistes et les réalisateurs télé, sont désormais les metteurs en scène de faits encrés dans l’actualité. Il ne s’agit plus de donner de l’information mais de la rendre attrayante, intrigante ou compréhensible en 15 secondes. Ainsi, les émissions nous montrent des personnes mal dans leur peau sur fond de musique dramatisante (il faut toujours se méfier des musiques dans les reportages pour ne pas succomber à leur pouvoir théâtralisant). Les journaux de 20h comptent les morts de guerres dont on ne nous pas expliqué un dixième des raisons et des conséquences réelles. Et les politiciens nous balancent en 1min02 des solutions à des problèmes qui nécessitent 15min pour les expliquer.

C’est d’ailleurs en partie pour ces raisons que je considère internet comme une source d’information plus pertinente. Elle a l’avantage de donner le temps de l’information et de la réflexion. Certains diront que sur le net on peut y trouver tout et n’importe quoi ; mais c’est en oubliant qu’à la télé on y trouve surtout n’importe quoi.

Le premier avantage d’internet, réside dans la possibilité de choisir ses sources, de les diversifier, de les comparer et d’aller plus loin sur un sujet en 3 clics. De plus, contrairement à la télévision, sur le web l’information n’est pas à sens unique. Il immédiatement possible pour l’internaute de donner son avis et j’espère que cette pratique se rependra pour nous sortir de nos habitudes végétatives.

L’incompétence progressive des journalistes télé se retrouve particulièrement dans certains sujets. J’ai toujours un peu peur lorsque j’entend parler de cités dans les sommaires des émissions, je me demande à quelle sauce cette fois ses habitants vont être mangés ? Va t on les montrer en train prendre leur courrier dans des cages d’escalier délabrées ? Va t on flouter leur visage et sous titrer leurs paroles sous prétexte qu’ils ont un accent africain (pourtant plus compréhensible qu’un chti sans télétexte) ?

En 2004, Farid Lozes a réalisé le film Sabah. Il y dénonçait l’incompréhension entre les quartiers et les médias et la spirale de haine qu’elle engendre. Le film avait suscité de vifs débats et son réalisateur avait osé mettre le doigt sur le problème d’incompétence des journalistes sur ces sujets face à Arlette Chabot. 6 ans plus tard, rien ne semble avoir évolué, les émissions font toujours état de zones de non droit en filmant les cités depuis leurs voitures.

Il y a cependant une émission qui me laisse espéré qu’un jour, les français pourront voir au travers de leur chère télé les quartiers de banlieue tels qu’ils sont réellement.

Il s’agit de l’émission TEUM-TEUM sur France 5, dont le principe est de passer une journée en compagnie d’une personnalité, au détour d’une balade dans une cité. Au fil des séquences on en découvre finalement plus sur la cité que sur l’invité et le présentateur y est surement pour quelque chose. En effet, Juan Massenya joue le trait d’union entre l’environnement d’accueil et la personnalité souvent ignorante. Cet animateur d’abord sur génération 88.2 ensuite sur Nova et désormais sur France 5 est un vecteur important de la culture urbaine en France. Aujourd’hui, avec cette émission, il a su trouver le ton juste pour parler de ces zones trop souvent mal abordées par les médias.

C’est d’ailleurs la première chose qui me plait dans cette émission. Pour une fois j’y retrouve les cités telles que je les connais, telles que je les vie, telles que je les aimes. Et après toutes cette démagogie sur ces quartiers cela fait vraiment du bien. Pour cela, TeumTeum mise sur des rencontres simplement humaines. Durant 50 minutes, nous partons à la découverte des personnes qui habitent dans ces cités, ainsi au lieu de mettre l’accent sur ces grandes tours que personne n’assume on se concentre sur les individus qui les animent. Désormais la cité n’est plus constituée de béton mais de visages. Cela paraît simple à dire, mais à travers cette émission, la cité est enfin montrée en plein jour. Durant les interviews, les plans larges nous laissent voir des passants aller chercher leurs enfants à l’école ou acheter leur baguette et j’espère que les téléspectateurs se rendront compte que des familles, des enfants, des vieillards y vivent relativement normalement.

Et oui c’était si simple que ça mesdames messieurs les journalistes… pour parler des cités, il ne fallait pas chercher à faire des missions commando ou à envoyer le présentateur noir du 20h, mais il suffit d’aller à la rencontre des hommes et des femmes qui y habitent,  aller plus loin que le préau sous lequel se regroupent les jeunes pour refaire le monde entre 22h et 2h.

En tout cas je souhaite beaucoup de succès à cette émission et la conseille au plus grand nombre. Les personnes qui ne connaissent pas grand chose au milieu se retrouveront dans le regard de l’invité pendant que les autres feront confiance à Juan pour présenter la cité sous sont vrai visage.

La dernière émission avec Pascal Légitimus est certainement l’une des plus réussie. On y découvre une troupe de théâtre qui travaille sur les moments oubliés de notre histoire, un camp de gens du voyage qui nous explique le rejet qu’ils subissent depuis toujours…

J’ai bien peur que nous soyons aliéné…

 

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Je pensais avoir trouvé l’un des textes les plus parfait du rap français. J’étais certain que la chanson « banlieusards » de Kery James, dont je parlais ici, était l’aboutissement d’une réflexion qui pourrait nous donner les clés de la réussite. Je croyais en son discours mobilisateur qui pouvait guidée une génération issue des « quartiers (ou la vie est) difficiles » sur un chemin sain et victorieux.
Tout semblait parfait, Kery James avait réaffirmé le fait que la vie d’un banlieusard est difficile, qu’il doit indéniablement surmonter de nombreux obstacles pour parvenir à ses fins. Mais il avait aussi mis en avant le fait que cet effort nécessaire, devait le rendre plus motivé et satisfait de sa réussite.

Mais tout cela, c’était sans compter sur le texte de Gaël Faye du groupe Milk Coffee & Sugar. Celui ci répond au titre de Kery James avec un point de vue radicalement opposé mais tout autant convaincant. Pour Gaël, le message de Kery n’apporte pas de réelle solution et semble même plutôt déplacé : « Maintenant le rap prend des allures d’un sermon de DRH, il nous encourage à faire carrière et gagné des sous. De boire toutes ces conneries fait mal au crane, vite faut qu’on dessaoule ».

A l ‘écoute du morceau, on se rend très vite compte que l’ensemble du morceau « banlieusard » est contestable. De part le simple fait que le message galvanisant de Kery James à destination de toute une génération s’inscrit dans un système qui est à l’origine même de ses problèmes. En effet, en proposant aux jeunes de faire carrière, paradoxalement il les incite à faire parti d’un système qui les a mis à l’écart. Même s’il s’efforceront surement de ne pas reproduire les mêmes oppressions s’ils réussissent, ils devront dans un premier temps accepter les règles dictées par d’autres.

Finalement, c’est peut être Gaël Faye qui a raison. Nous sommes condamné à l’échec, tant que nous évoluerons dans cette société formatée. On a beau croire avoir la solution, on se dit qu’en réussissant ses études on pourra déjouer le système et leur prouver que le succès est plus une question d’effort que de réussite. Mais en faisant cela, nous aurons simplement suivit le chemin qu’ils avaient tracé. Ils auront réussi à faire de nous des « soldats au compte chèque solvable ».

« Sans déclarer la guerre, il a vaincu nos rhétoriques.
Le capital est dans nos têtes et nous fait l’amour torride.
Leur système à la con nous prépare à la compèt’.
Ils vous parlent de réussite, je vous parle de conquêtes.

Je n’accepterais jamais les règles qu’ils ont fabriquées.
Je n’accepte que les rêves que mon cœur veut abriter. »

Ces 6 phrases sont la synthèse d’un triste constat. Nous sommes tellement imprégné par ce système bien ficelé que la principale solution que nous trouvons pour y échapper est d’y participer.

Pour autant, je ne rejette pas le message de Kery James. Le parcours de cet artiste me laisse croire que son texte est le fruit d’une réflexion de plusieurs années. A travers son texte il a d’abord la volonté de remotiver une jeunesse perdue. Certes, le combat contre le système tout entier est nécessaire, mais il paraît tellement difficile. Dès notre naissance nous en faisons partie, leurs reportages et leurs écoles nous condamnent à ne pas en sortir.

Finalement, même si ces deux chansons se répondent, Gaël Faye et Kery James abordent les maux de notre société sous deux angles différents. Contrairement à ce qu’il peut paraître, je ne suis pas certains que ces deux visions soient contradictoires. Leur confrontation pose la grande question : est il plus facile de changer un système de l’intérieur ou de l’extérieur ? Aujourd’hui, j’ai bien l’impression qu’il nous est pratiquement impossible de ne pas en faire partie.
Je serai tenté de dire que la motivation et le désire de réussite que transmet Kery est plus que nécessaire pour notre génération, pour autant, nous devons garder en mémoire le message de Gaël. Il nous rappel, l’extrême perversité du monde qui nous entoure, ainsi que la vigilance et la résistance dont nous devons faire preuve.

Frise la moustache

Jeudi dernier (8 avril 2010), les étudiants en arts graphiques de l’EPSAA nous ont mis l’eau à la moustaches en nous donnant un aperçu de leurs talents.
Une dizaine d’entre ont crée le collectif des moustachus pour réaliser la performance suivante :
-> Créer une frise de 10m de long sur 0,7m de large sur laquelle leurs illustrations s’entremêlent, sur le thème poilant de la moustache.

Le rendu est assez bluffant. Ses dimensions sont impressionnantes mais on plonge rapidement dans les détails de chaque dessin. Au final, le mélange des styles crée des compositions originales et on se retrouve très vite à faire des allés-retours en découvrant toujours de nouvelles idées étonnantes.