Archives pour la catégorie Avis vis à vis…

Quoi de mieux que des mots ?

Dans les couloirs du métro, sur le bord de la route, partout, nous sommes submergé de publicités. Les annonceurs se livrent une véritable bataille ouverte pour conquérir notre attention. C’est à celui qui sera le plus original, le plus séduisant, le plus impactant. Et il faut l’admettre, cette quête mène souvent parfois à des annonces surchargées, aberrantes voire incompréhensibles.

Cependant, ces derniers temps, j’observe que les publicités jouent la carte de la sobriété pour faire passer leur message d’une façon plus claire. Je trouve cela fichtrement efficace !

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Quoi de mieux que des mots simples pour faire passer un message, une idée ? (Surtout lorsqu’il doit être saisi en 1/4 de seconde par le badaud dans les couloirs du métro ou au volant de sa voiture.)

 

Dans les boutiques Zara, c’est à l’intérieur que ça se passe !

Début février 2013, l’enseigne de prêt à porter Zara s’installe dans le centre commerciale Evry 2 en Essonnes. Cette ouverture tant attendue ne passe pas inaperçue tant l’espace de vente est vaste. La boutique couvre 2 étages, possède 3 grandes entrées et se situe dans un angle stratégique, juste devant les galeries Lafayette. Cela lui permet de bénéficier de très nombreuses vitrines. C’est d’ailleurs cet élément et le contre pied réalisé par l’enseigne, en terme de merchandising, pour les exploiter qui m’ont interpellés.

Bien qu’elles soient très nombreuses et très grandes, seules les vitrines situées de part et d’autre des entrées accueillent des mannequins arborant la nouvelle collection. La majorité des vitrines restent vides… elles ne présentent aucun produit et se contentent d’afficher un tissus gris sur lequel flotte parfois le logo ZARA.


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Fichtr! Mais pourquoi autant de pudeur ? Ce choix de merchandising est en réalité très audacieux. En effet, l’enseigne se sépare ici de l’arme de séduction très importante qu’est la vitrine. Mais elle fait un autre pari, celui de capitaliser sur sa notoriété et d’inviter le promeneur à entrer dans la boutique pour voir les collections. A la manière du paquet cadeau, les produits sont soigneusement cachés pour donner envie de les découvrir. C’est également pour l’enseigne un moyen d’inciter le client à observer l’ensemble de la collection qui se trouve à l’intérieur du magasin plutôt que de devoir sélectionner quelques produits à mettre en avant au dehors.

ZARA fait donc un choix audacieux mais risqué. L’enseigne fait l’impasse sur un avantage de taille face à ses concurrents comme H&M ou les galeries Lafayette qui ne possèdent que 2 vitrines chacun dans le centre commercial. Mais le contre pied est à saluer et c’est ce type de prise de risque mesurée qui permet de remettre en cause des idées préétablies pour mieux avancer. Revenons dans quelques mois pour constater si l’enseigne persiste dans ce choix.

HTC victime de la sélection naturelle ?

Les versions d’Android ne cessent de s’améliorer et le poids de l’OS de Google est en constante augmentation sur le marché des smartphones.

La part de marché du constructeur HTC, quant à elle, est en déclin depuis mi-2011, alors que la marque avait si bien accompagné le développement d’Android dès ses premiers pas.

Finalement, il n’y a que le design de ses smartphones qui n’évolue pas… Depuis octobre 2010, la firme taïwanaise reste bloquée sur la « forme brique » de son Desire HD. Alors, relation de cause à effet ou pur hasard ?

Ça freine !!

Le design du denier Renault Scénic ne me plait pas tellement, mais depuis sa sortie je suis tout de même captivé par ses phares arrières. Ils ont beau être disgracieux (à mes yeux), mais leur longue forme verticale me fait penser à une fonction qui pourrait être bien utile sur les feux stop de nos voitures. Aujourd’hui, ils fonctionnent en système binaire : allumé ou éteint et ne donne qu’une seule information : ça freine !!

Mais il est parfois important de savoir avec quelle force la voiture devant freine ! C’est ce que pourrait montrer un affichage graduel de la lumière rouge. En cas de freinage brusque, les warning se mettraient même en marche automatiquement. (Au delà de l’aspect sécuritaire, je suis sur qu’il y aurai de beaux effets graphiques à réaliser avec ce genre de système.)

Les lessons de Steve

Je tourne aujourd’hui la dernière page de la biographie de Steve Jobs. Un livre que j’ai dévoré tant le personnage est fascinant ; sa personnalité, son parcours, son histoire sont en tous points stupéfiants. Il est très agréable de découvrir au fil des chapitres, la vie d’un de nos plus grands contemporains, qui restera un mythe pour les mondes de la technologie, du cinéma, de la musique, de la téléphonie, de l’édition et surtout du marketing.

Je retiens de cette biographie la chose suivante :
Les projets de la vie amènent à des situations contrastées qui peuvent aller d’un extrême à l’autre… mais il n’est pas obligatoire de trouver un juste milieu.

En refermant ce livre – dont beaucoup de pages sont cornées en guise de référence – il me parait important :

  • d’être passionné par ce que l’on fait… mais savoir prendre du recul pour élargir son horizon.
  • défendre fermement ses convictions… mais oser s’apercevoir qu’on a eu tord et tout reprendre à zéro.
  • s’impliquer à fond dans ses projets… mais exiger encore plus des autres.
  • avoir beaucoup d’idées… mais se focaliser sur une poignée d’entre elles.

Tâchons de faire bon usage de ces enseignements.

Free met les choses au clair

C’est hier que Free présentait ses offres de télephonie mobile avec la vocation de bouleverser le marché français… promesse tenue (si si on peut déjà s’avancer).

Tout d’abord, le PDG, Xavier Niel semble avoir largement tenue sa promesse de diviser les prix par deux grâce à son forfait sans engagement à 19,99€/15,99€ (pour les abonnés freebox). Mais c’est aussi très certainement la seconde offre qui risque de faire très mal aux entreprises déjà en place. En effet, en proposant un forfait 60min+60sms à 2€/gratuit (pour les abonnés freebox) ce nouvel entrant ne laisse quasiment aucun marge de manoeuvre pour ses concurrents de se positionner à un prix plus attractif, pour ce type de service qui doit intéresser un nombre de français non négligeable.

Mais ce qui me marque le plus dans l’arrivée de ce nouvel acteur et dans les réactions que cela suscite, c’est sans doute la clarté que cela ramène sur ce marché. En séparant l’achat du téléphone portable et des communications, Free adopte une position naturelle que les autres opérateurs ne s’étaient pas donné la peine de prendre. En effet, il se contente de se concentrer sur son coeur de métier ; en partant du fait que Free est avant tout un opérateur de télécommunications, il vend uniquement des communications… La vente du téléphone est un autre métier sur lequel il ne fait que se pencher brièvement.

En proposant des smartphones dernière génération à des prix psychologiques de 1 ou 30€, Bouygues, Orange ou SFR se positionnent avant tout comme des vendeurs de téléphones. Ils font oublier à leurs clients que ses appareils sont de la haute technologie qu’il vont payer cher sur un ou deux ans. Au final, sans s’en rendre compte, le client paye d’avantage son opérateur pour rembourser son mobile que pour payer ses communications. Même si cette situation peut convenir à certaines personnes et permettre à la plupart de changer régulièrement de téléphone (la France à l’un des taux de renouvellement des portables les plus élevé d’Europe : tout les 1,5 an en moyenne), cette offre opaque n’est pas du tout saine pour le consommateur.

Je prend souvent l’exemple de la voiture pour illustrer cette situation. L’achat d’une voiture est un très lourd investissement. Très peu de consommateurs peuvent se permettre d’en acheter une neuve sans crédit. Mais pour utiliser une voiture, nous avons besoin d’un consommable : l’essence. Et si l’entreprise Total ou BP vous proposait d’acheter une voiture neuve à 100€ au lieu de 10 000€ ? En contrepartie de quoi vous seriez tenu de réaliser, pendant 10 ans, tous vos pleins chez eux à un prix 2 à 5 fois plus cher que la normale. Cette situation pourrais vous paraître aberrante et vous verriez tout se suite l’arnaque pointer le bout de son nez… pourtant c’est la situation dans laquelle sont aujourd’hui toutes les personnes qui se sont engagées sur 1 ou 2 ans avec leur opérateur téléphonique… malheureusement il a fallut attendre qu’un nouvel acteur débarque sur le marché pour que cette vérité apparaisse au yeux des moins initiés.

Carrefour, une planète aux airs de Suède.

On le sais, le concept des magasins IKEA est un modèle très inspirant pour bon nombre d’enseignes de distribution françaises. Alors que beaucoup d’entre elles imitent son organisation maîtrisée de la circulation des clients (Fly, la Fnac, Surcouf…), d’autres facteurs clés du concept suédois sont aujourd’hui repris. Parlons par exemple des nouveautés de « Carrefour planet »…

J’avoue que ces derniers temps, je vais d’avantage à Carrefour pour observer le nouveau concept « planet », que pour acheter des produits. Je doit dire que je suis plutôt agréablement surpris par tous ces changements. J’ai parfois du mal à reconnaître le magasin d’Athis-Mons dans lequel j’ai travaillé durant 3 ans. La promesse du « 100% nouveau » semble tenue, en tout cas cet argument publicitaire ne pouvait que me faire venir et revenir pour décoder ces nouveaux principes d’implantation.

Ce qui est sur, c’est que Carrefour ose avec ce concept ! Il bouscule un bon nombre de « règles pré-établies » du merchandising.

  • Et si les gondoles mesuraient 1m au lieu d’1m33 ?
  • Et si du mobilier était parfois blanc, parfois noir et une autre fois marron chocolat ?
  • Et si les espaces de vente étaient ouverts à d’autres enseignes comme « la maison de la literie » ou « l’Oreal » ?

C’est grâce à ces remises en questions assumées que Carrefour parviens à créer de véritables « univers » à l’intérieur de ses magasins et à justifier l’utilité de ces très grands espaces de vente en en faisant une planète.

 

Dernièrement, l’élément qui m’a marqué au détour d’un rayon a été la place privilégiée offerte à la marque « Carrefour discount ».

Alors que partout ailleurs, les produits premiers prix sont planqués honteusement au bas des rayons pour ne leur donner qu’une fonction de réponse pur et sommaire aux besoins ; Carrefour à choisi de les mettre en avant en réalisant une descente complète sur un élément à l’entrée de chaque rayon.

Ainsi, les produits premier prix développent de nouvelles utilités :

  • Ils renforcent la segmentation de l’offre et oriente le client, en donnant une indication forte sur le rayon dans lequel il entre.
  • Ils affichent un prix d’appel faible, qui place le client dans une logique d’achat à l’entrée de chaque rayon.

Il faut aussi noter que ce choix stratégique de faire du produit un élément de balisage dans le point de vente est soutenu par un packaging totalement adapté. En effet, la marque « Carrefour discount » possède un facing qui met en avant uniquement 2 éléments clés : le libellé et le visuel produit, comme si le pack était un panneau de signalisation. Un objectif clair et annoncé dès le dossier de presse lors du lancement en mai 2009 :  « un packaging moderne et simplifié, facilement repérable en rayon ».

 

Ce choix stratégique ne m’est pas totalement inconnu. Je l’avais remarqué chez IKEA lorsque je réalisais mon stage de licence, il y a maintenant 3 ans. En effet, l’enseigne Suédoise exerce cette pratique depuis longtemps et va même un peu plus loin.

Au début de chaque univers (salon, cuisine, chambre…) vous trouverez toujours un produit très basique surmonter d’une grande pancarte rouge l’annonçant comme le 1er prix du « rayon ». Ainsi, l’enseigne insiste sur sa politique de prix très bas tout en indiquant dans quel univers on entre avec un produit qui rempli la fonction la plus basique demandée au meuble. (C’est exactement ce mécanisme que reprendre Carrefour.)

Mais regardez de plus près cette disposition judicieuse des produits… que voyez vous juste derrière cette grande pancarte rouge ?

Tiens, une seconde affiche verticale… celle-ci est blanche !…


Cette pancarte blanche met en avant un produit dit « entrée de gamme » : pour un prix plus élevé que le 1er prix, vous obtenez un produit plus sophistiqué tout en restant dans la fourchette basse du marché… Ca y est vous avez mis le pied sur les premières marches de l’escalier pour découvrir ce que l’on nomme la « montée en gamme ». Au fur et à mesure de votre circulation dans le magasin, l’implantation des produits et des affiches vous conduit à :

  • être séduit par un prix (pancarte rouge),
  • vous rendre compte qu’il existe une meilleure qualité tout en restant sur un prix raisonnable (pancarte blanche),
  • et vous laisser combler par le choix des produits milieux et haut de gamme (toutes les autres références).

 

C’est donc l’une des stratégies d’implantation importantes d’IKEA qui est aujourd’hui reprise par Carrefour. Et l’enseigne à surement raison de s’inspirer des magasins Suédois, dont la principale force est certainement de vendre tant de produits en faisant intervenir si peu de vendeurs.

Rupture ou continuité

Il est certain, indéniable, inévitable (et tous les autres adjectifs similaires) qu’internet modifie considérablement les comportements des consommateurs du XXIème siècle.

Avec internet, nous sommes avant tout devenus des consommateurs impatients. Et cela tien autant dans le fait que l’information ou la possibilité d’acheter un produit ou un service soit immédiatement disponible, que dans le fait qu’internet distribue de l’information nouvelle en continu.

En effet, il est assez interessant d’observer comment nous devenons adepte aux systèmes qui permettent d’être informé le plus immédiatement possible. Du journal aux flux RSS ; de la lettre amenée par le facteur aux mails, jusqu’aux notifications facebook, les délais entre la production d’une donnée et sa réception ne cesse de s’amenuiser et j’ai bien l’impression que nous en devenons accro.

Il est alors interessant de se demander quel impact sur le marketing des produits et des services cette modification de comportement peut elle avoir ? Ne sommes nous pas désormais plus motivé par le fait d’obtenir ce qu’on veut dès que c’est techniquement possible plutôt qu’être tenu en haleine jusqu’au jour fixé pour sa sortie ?

Prenons l’exemple des séries télévisés. J’ai l’impression qu’il est plus commun de croiser des personnes impatientes de voir le nouvel épisode d’une série à succès, plutôt que des gens qui trépignent en attendant la sortie d’un nouveau film qui devrait avoir du succès. Techniquement, une série ce n’est qu’un film découpé en plusieurs épisodes, pourtant elle semble faire plus de « fans »… Le concept de délivrer son produit ou service en plusieurs fois plutôt qu’une seule ne pourrait il pas être une clé de succès à appliquer à d’autres domaines ?

Un album de musique a-t-il encore du sens, par exemple ?
Dans un album, chaque morceau doit avoir le temps d’être écouté pour être apprécié. Pourtant avec le concept d’album qui sort à un instant t, une douzaine de morceaux nous sont balancés d’un seul coup et je suis sur que c’est l’origine de plusieurs de mes déceptions musicales. Je me demande donc si les artistes ne feraient pas mieux de nous proposer leurs oeuvres sans attendre d’en avoir 12 pour nous faire une « compile ».
La semaine dernière, l’un des artistes que je suis sur facebook (ENZ), a mis en place un système assez interessant. Il met en ligne une nouvelle chanson à chaque fois que la précédente a cumulée plus de 500 écoutes. Au final, tous les morceaux sont écoutés, ré-écoutés et partagés à volonté. Je ne suis pas sur qu’ils auraient tous eu le même sort si ils étaient sortis en même temps sur un album.
De plus, lorsque nous achetons un album, nous avons tous le « mauvais » réflexe de nous demander quelle sera la meilleure musique du CD (et si elles étaient toutes bien…). Mais en proposant les morceaux un par un, la question est plutôt : « la prochaine me plaira t elle autant que la précédente ? » (Ce qui génère un intérêt constant pour les oeuvres de l’artiste.)

Ce constat autour du désire accrue d’immédiateté semble être un élément interessant à appliquer à beaucoup d’autres marchés.

Les constantes évolutions des comportements, nous encouragent à sans cesse remettre en cause les formes des produits et services qui nous entourent ; la partie de ne fait que commencer…

Le sens des choses

Je partage ici une réflexion que je me fais lorsque je croise certaines communications commerciales dans la rue, à la télé, sur internet ou ailleurs.

Pour être efficace, quelque soit le support (affiche, spot télé, radio), chaque communication commerciale doit délivrer un message simple et compréhensible par la cible. Après de nombreuses années de pratiques,  les publicitaires parviennent aujourd’hui à proposer des campagnes qui atteignent très efficacement les objectifs de notoriété, de reconnaissance ou d’attribution d’un message à une marque ou à un produit… qui leurs sont réclamés par les annonceurs.

Mais au delà d’atteindre un objectif de communication, il m’apparaît important qu’une bonne campagne de pub doit être maîtrisée à 100%. Je veux dire par là que la totalité du message qu’elle délivre (premier ou second degrés / première ou seconde lecture) soit maîtrisée et surtout ai du sens. Pour faire un bon message publicitaire, il ne suffit pas d’avoir la bonne grosse idée à mais aussi avoir le souci du détail. Or, j’observe souvent des campagnes pour lesquels j’apprécie l’efficacité ou l’originalité, mais qui comporte, pour moi, la faute de goût qui détruit une partie du travail réalisé. En voici trois illustrations récentes.

En revenant du travail, je passe tous les jours devant un tout nouveau restaurant installé sur la nationale 7 : la boucherie. Je ne connaissais pas cette enseigne et le concept de ses restaurants mais il semble s’agir de franchises proposant des plats dont la pièce maîtresse est la viande. Le premier contacte que j’ai eu avec cette nouvelle enseigne a donc été de voir ce restaurant flambant neuf arborant un grand logo en forme de tête de vache. Et c’est ici, que la touche de mauvais goût m’apparaît. Utiliser une tête de vache pour signifier qu’ici on prépare de la viande, cela semble être on ne peut plus direct (donc très efficace). Mais fallait il en plus, signifier que cette viande était succulente en lui faisant tirer la langue ? Encore une fois le message est direct et imagé : « c’est bon » = « on s’en lèche les babines ». Mais lorsque c’est une vache qui nous vente le bon goût de la vache, cela me parait gênant… Certains diront peut être qu’affirmer cela c’est avoir l’esprit mal placé. Certes, mais les images ont un sens, et s’il n’est pas perçu tel quel à la première lecture qu’en est il dans l’inconscient des gens ?

Voici, un second exemple : l’agence Toy a récemment réalisé une très jolie campagne pour le fameux stylo 4 couleurs Bic. Elle met en scène cet objet sous différentes positions afin d’illustrer des enseignements phares de la scolarité française. Les visuels sont plus ingénieux les uns que les autres. Mais l’un d’entre eux me dérange… La campagne nous renvoi à des souvenirs de bancs d’école : Physique : La conquête de l’espace – Éducation civique : Liberté, Égalité, Fraternité – SVT : la dissection. Pourtant lorsqu’il s’agit de parler d’économie, c’est à la crise de 1929 que l’on fait référence… si l’économie est faite de cycle, ne serait il pas mieux d’ajouter une note de positivisme à la campagne en parlant plutôt de la croissance des 30 glorieuses ? Pourquoi ne pas associer cette belle idée à des références joviales ? Certes, le message principal resterai le même, mais les images ont un sens, et s’il n’est pas perçu tel quel à la première lecture qu’en est il dans l’inconscient des gens ?

 

Enfin, je pense à l’une des publicités vidéo qui tournent en ce moment pour le nouveau smartphone / console de jeu de Sony Ericsson : Xperia Play. La campagne de communication pour ce produit tourne autour d’une idée simple : en combinant téléphone et console de jeu l’Xperia Play vous permet d’intégrer vos jeux vidéo préférés dans votre quotidien. Pour cela, plusieurs vidéos mettent en scène des personnes dans des activités on ne peu plus banales (marcher, manger, conduire, travailler…), qui dégainent soudainement leur téléphone pour faire une petite partie de jeux vidéo. La transition entre les deux mondes est si rapide que les éléments du jeu se retrouvent soudainement dans la réalité. C’est drôle et pertinent par rapport au concept du produit, mais l’histoire nous a montré que confondre jeux et réalité pouvait mener à des situations dramatiques. Si la transposition du jeu Sims dans la vie réelle ne pose pas nécessairement de problème, ce n’est pas toujours le cas lorsqu’il s’agit des jeux de guerre. Malheureusement les exemples réels ne manque plus, et c’est à cela que me fait penser la pub de Sony Ericsson, plutôt qu’au fait de s’amuser avec son portable. Certes, dire cela c’est voir le mauvais côté des choses, mais les images ont un sens, et s’il n’est pas perçu tel quel à la première lecture qu’en est il dans l’inconscient des gens ?


Game’On par game_heroes_syndicate

 

Teum-Teum en exemple

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Je ne suis pas un grand fana de télévision. Ce qui me gène avec cette lucarne c’est qu’elle nous donne à manger des images et des sons que nous ingurgitons souvent trop facilement. Au fil de son existence, la télévision et ses programmes ont évolués. Les journalistes et les réalisateurs télé, sont désormais les metteurs en scène de faits encrés dans l’actualité. Il ne s’agit plus de donner de l’information mais de la rendre attrayante, intrigante ou compréhensible en 15 secondes. Ainsi, les émissions nous montrent des personnes mal dans leur peau sur fond de musique dramatisante (il faut toujours se méfier des musiques dans les reportages pour ne pas succomber à leur pouvoir théâtralisant). Les journaux de 20h comptent les morts de guerres dont on ne nous pas expliqué un dixième des raisons et des conséquences réelles. Et les politiciens nous balancent en 1min02 des solutions à des problèmes qui nécessitent 15min pour les expliquer.

C’est d’ailleurs en partie pour ces raisons que je considère internet comme une source d’information plus pertinente. Elle a l’avantage de donner le temps de l’information et de la réflexion. Certains diront que sur le net on peut y trouver tout et n’importe quoi ; mais c’est en oubliant qu’à la télé on y trouve surtout n’importe quoi.

Le premier avantage d’internet, réside dans la possibilité de choisir ses sources, de les diversifier, de les comparer et d’aller plus loin sur un sujet en 3 clics. De plus, contrairement à la télévision, sur le web l’information n’est pas à sens unique. Il immédiatement possible pour l’internaute de donner son avis et j’espère que cette pratique se rependra pour nous sortir de nos habitudes végétatives.

L’incompétence progressive des journalistes télé se retrouve particulièrement dans certains sujets. J’ai toujours un peu peur lorsque j’entend parler de cités dans les sommaires des émissions, je me demande à quelle sauce cette fois ses habitants vont être mangés ? Va t on les montrer en train prendre leur courrier dans des cages d’escalier délabrées ? Va t on flouter leur visage et sous titrer leurs paroles sous prétexte qu’ils ont un accent africain (pourtant plus compréhensible qu’un chti sans télétexte) ?

En 2004, Farid Lozes a réalisé le film Sabah. Il y dénonçait l’incompréhension entre les quartiers et les médias et la spirale de haine qu’elle engendre. Le film avait suscité de vifs débats et son réalisateur avait osé mettre le doigt sur le problème d’incompétence des journalistes sur ces sujets face à Arlette Chabot. 6 ans plus tard, rien ne semble avoir évolué, les émissions font toujours état de zones de non droit en filmant les cités depuis leurs voitures.

Il y a cependant une émission qui me laisse espéré qu’un jour, les français pourront voir au travers de leur chère télé les quartiers de banlieue tels qu’ils sont réellement.

Il s’agit de l’émission TEUM-TEUM sur France 5, dont le principe est de passer une journée en compagnie d’une personnalité, au détour d’une balade dans une cité. Au fil des séquences on en découvre finalement plus sur la cité que sur l’invité et le présentateur y est surement pour quelque chose. En effet, Juan Massenya joue le trait d’union entre l’environnement d’accueil et la personnalité souvent ignorante. Cet animateur d’abord sur génération 88.2 ensuite sur Nova et désormais sur France 5 est un vecteur important de la culture urbaine en France. Aujourd’hui, avec cette émission, il a su trouver le ton juste pour parler de ces zones trop souvent mal abordées par les médias.

C’est d’ailleurs la première chose qui me plait dans cette émission. Pour une fois j’y retrouve les cités telles que je les connais, telles que je les vie, telles que je les aimes. Et après toutes cette démagogie sur ces quartiers cela fait vraiment du bien. Pour cela, TeumTeum mise sur des rencontres simplement humaines. Durant 50 minutes, nous partons à la découverte des personnes qui habitent dans ces cités, ainsi au lieu de mettre l’accent sur ces grandes tours que personne n’assume on se concentre sur les individus qui les animent. Désormais la cité n’est plus constituée de béton mais de visages. Cela paraît simple à dire, mais à travers cette émission, la cité est enfin montrée en plein jour. Durant les interviews, les plans larges nous laissent voir des passants aller chercher leurs enfants à l’école ou acheter leur baguette et j’espère que les téléspectateurs se rendront compte que des familles, des enfants, des vieillards y vivent relativement normalement.

Et oui c’était si simple que ça mesdames messieurs les journalistes… pour parler des cités, il ne fallait pas chercher à faire des missions commando ou à envoyer le présentateur noir du 20h, mais il suffit d’aller à la rencontre des hommes et des femmes qui y habitent,  aller plus loin que le préau sous lequel se regroupent les jeunes pour refaire le monde entre 22h et 2h.

En tout cas je souhaite beaucoup de succès à cette émission et la conseille au plus grand nombre. Les personnes qui ne connaissent pas grand chose au milieu se retrouveront dans le regard de l’invité pendant que les autres feront confiance à Juan pour présenter la cité sous sont vrai visage.

La dernière émission avec Pascal Légitimus est certainement l’une des plus réussie. On y découvre une troupe de théâtre qui travaille sur les moments oubliés de notre histoire, un camp de gens du voyage qui nous explique le rejet qu’ils subissent depuis toujours…