Le sens des choses

Je partage ici une réflexion que je me fais lorsque je croise certaines communications commerciales dans la rue, à la télé, sur internet ou ailleurs.

Pour être efficace, quelque soit le support (affiche, spot télé, radio), chaque communication commerciale doit délivrer un message simple et compréhensible par la cible. Après de nombreuses années de pratiques,  les publicitaires parviennent aujourd’hui à proposer des campagnes qui atteignent très efficacement les objectifs de notoriété, de reconnaissance ou d’attribution d’un message à une marque ou à un produit… qui leurs sont réclamés par les annonceurs.

Mais au delà d’atteindre un objectif de communication, il m’apparaît important qu’une bonne campagne de pub doit être maîtrisée à 100%. Je veux dire par là que la totalité du message qu’elle délivre (premier ou second degrés / première ou seconde lecture) soit maîtrisée et surtout ai du sens. Pour faire un bon message publicitaire, il ne suffit pas d’avoir la bonne grosse idée à mais aussi avoir le souci du détail. Or, j’observe souvent des campagnes pour lesquels j’apprécie l’efficacité ou l’originalité, mais qui comporte, pour moi, la faute de goût qui détruit une partie du travail réalisé. En voici trois illustrations récentes.

En revenant du travail, je passe tous les jours devant un tout nouveau restaurant installé sur la nationale 7 : la boucherie. Je ne connaissais pas cette enseigne et le concept de ses restaurants mais il semble s’agir de franchises proposant des plats dont la pièce maîtresse est la viande. Le premier contacte que j’ai eu avec cette nouvelle enseigne a donc été de voir ce restaurant flambant neuf arborant un grand logo en forme de tête de vache. Et c’est ici, que la touche de mauvais goût m’apparaît. Utiliser une tête de vache pour signifier qu’ici on prépare de la viande, cela semble être on ne peut plus direct (donc très efficace). Mais fallait il en plus, signifier que cette viande était succulente en lui faisant tirer la langue ? Encore une fois le message est direct et imagé : « c’est bon » = « on s’en lèche les babines ». Mais lorsque c’est une vache qui nous vente le bon goût de la vache, cela me parait gênant… Certains diront peut être qu’affirmer cela c’est avoir l’esprit mal placé. Certes, mais les images ont un sens, et s’il n’est pas perçu tel quel à la première lecture qu’en est il dans l’inconscient des gens ?

Voici, un second exemple : l’agence Toy a récemment réalisé une très jolie campagne pour le fameux stylo 4 couleurs Bic. Elle met en scène cet objet sous différentes positions afin d’illustrer des enseignements phares de la scolarité française. Les visuels sont plus ingénieux les uns que les autres. Mais l’un d’entre eux me dérange… La campagne nous renvoi à des souvenirs de bancs d’école : Physique : La conquête de l’espace – Éducation civique : Liberté, Égalité, Fraternité – SVT : la dissection. Pourtant lorsqu’il s’agit de parler d’économie, c’est à la crise de 1929 que l’on fait référence… si l’économie est faite de cycle, ne serait il pas mieux d’ajouter une note de positivisme à la campagne en parlant plutôt de la croissance des 30 glorieuses ? Pourquoi ne pas associer cette belle idée à des références joviales ? Certes, le message principal resterai le même, mais les images ont un sens, et s’il n’est pas perçu tel quel à la première lecture qu’en est il dans l’inconscient des gens ?

 

Enfin, je pense à l’une des publicités vidéo qui tournent en ce moment pour le nouveau smartphone / console de jeu de Sony Ericsson : Xperia Play. La campagne de communication pour ce produit tourne autour d’une idée simple : en combinant téléphone et console de jeu l’Xperia Play vous permet d’intégrer vos jeux vidéo préférés dans votre quotidien. Pour cela, plusieurs vidéos mettent en scène des personnes dans des activités on ne peu plus banales (marcher, manger, conduire, travailler…), qui dégainent soudainement leur téléphone pour faire une petite partie de jeux vidéo. La transition entre les deux mondes est si rapide que les éléments du jeu se retrouvent soudainement dans la réalité. C’est drôle et pertinent par rapport au concept du produit, mais l’histoire nous a montré que confondre jeux et réalité pouvait mener à des situations dramatiques. Si la transposition du jeu Sims dans la vie réelle ne pose pas nécessairement de problème, ce n’est pas toujours le cas lorsqu’il s’agit des jeux de guerre. Malheureusement les exemples réels ne manque plus, et c’est à cela que me fait penser la pub de Sony Ericsson, plutôt qu’au fait de s’amuser avec son portable. Certes, dire cela c’est voir le mauvais côté des choses, mais les images ont un sens, et s’il n’est pas perçu tel quel à la première lecture qu’en est il dans l’inconscient des gens ?


Game’On par game_heroes_syndicate

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *