Vous avez vos réponses, moi j’ai des questions pour elles.

Rocé fait parti de ces artistes qui rendent infime la frontière entre le rappeur et le poète.

Un ton juste et des écris travaillés qui lui permettent de mettre à jour des vérités aussi troublantes par leur simplicité que par leur originalité. Le titre « Des questions à vos réponses » illustre bien la force de ses réflexions.

Dans une société conditionnée et reconditionnée, où la télévision s’impose comme une source d’information incontestable, où rien n’ai remis en cause : « Mais si je l’ai vu à la télé ! » ; Rocé ose dire que la question est plus vénérable que la réponse…

Les réponses sont souvent données trop rapidement et ne restent fondées que sur des on-dit. Il semble qu’aujourd’hui plus il y a de personnes qui disent la même chose, plus leur voix s’impose en réalité. Et l’effet boule de neige fait d’un préjugé une vérité certifiée.
Paradoxalement, il est clair que les individus ne sont pas tous égaux dans ce système. Une voix n’est jamais égale à une autre. Les élections ou les manifestations sont un exemple frappant de ce déséquilibre. En effet, les vérités des revendicateurs désorganisés (mais néanmoins légitimes) sont toujours plus difficiles à entendre que les réponses des représentants sur d’eux, tout de costume vêtu, ayant appris 16 fois et demi leur texte. Mais « l’assurance cache le visage de la stupidité ».

2 seules solutions semblent utiles pour contrer ce phénomène. Rocé le réclame fort : le droit à l’hésitation et la nécessité du questionnement. C’est vrai ça ! Pourquoi ne pourrait on pas tout remettre en cause ? Il y a sûrement une juste milieu entre la confiance que l’on a dans certaines informations et la remise en cause d’autres idées préconçues.

En fait, la vérité est sûrement que les questions gênent, et pas seulement les questions pertinentes… Parce que quelqu’un qui pose une question est quelqu’un qui cherche à comprendre. Mais un peuple est si facile à gouverner, un employé est si facile à diriger, un client est si facile à appâter lorsqu’il ne comprend pas…
On nous fait croire que « poser le doute est mal poli ». Mais en réalité « se questionner c’est désobéir. »

« Je veux être celui qui garde le doute quand les autres le gèlent. Vous avez vos réponses, moi j’ai des questions pour elles. »

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